Coronavirus Covid 19: votre chien ou chat peut-il vous infecter ? Comment réagir?

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La contamination du chien et du chat par le Covid 19: actuellement, un événement rare. Actuellement (31 mars), deux chiens et deux chats sont reconnus contaminés par le SARS-coronavirus 2 (SARS-CoV2), l’agent du Covid19 humain. Ces chiens et chat ont été contaminés par leur propriétaire malade : à Hong Kong, les deux chiens n’étaient pas malades et ont été placés en quarantaine ; en Belgique, le chat a présenté une symptomatologie digestive puis respiratoire et est actuellement en bonne santé.

Le premier chat vivait en Belgique chez sa propriétaire confinée en isolement après un diagnostic positif de virus SARS-CoV2.  Ce chat a montré des signes cliniques (anorexie, diarrhée, vomissements, toux et respiration superficielle) qui ont été révélés par des examens quotidiens réalisés par un vétérinaire via vidéo et contacts téléphoniques avec la propriétaire. Ce mode d’examen inhabituel en temps normal a suivi le même protocole que l’examen médical à distance réalisé quotidiennement en médecine générale pour les patients atteints de Covid-19 et isolés dans leur habitation.  Ce chat s’est révélé positif pour le virus SARS-CoV2 à partir d’échantillons successifs de matières fécales et de liquides gastriques. Les résultats positifs en PCR ont été confirmés par séquençage. Neuf jours après le début des signes cliniques, le chat montrait un état général en amélioration. Le deuxième chat, dont le propriétaire est malade du Covid-10, a été admis dans le centre de quarantaine à Hong Kong le 30 mars. Les prélèvements oraux, nasaux et fécaux de ce chat ont été reconnus positifs pour le SARS-CoV2. Ce chat ne présente pas de signes cliniques

Un institut de recherche chinois a étudié l’infection du chien et du chat par le virus du SARS-CoV2.

  • Chez le chat, le virus se multiplie dans le tractus respiratoire supérieur du chat après inoculation par voie nasale. Du virus infectieux est aussi excrété par voie rectale. L’infection virale a été transmise par voie aérienne à des chats non infectés voisins des chats infectés mais sans contacts directs. Les chats infectés ont développé une réponse sérologique. De nombreuses lésions ont été observées dans les muqueuses nasales et trachéales et le poumon de jeunes chats (âgés de 70 à 100 jours) inoculés par voie intranasale.
  • Chez le chien, l’infection nasale montre une faible réceptivité au SARS-CoV-2. Le virus a été détecté dans les écouvillons rectaux de plusieurs chiens, par PCR mais sans identifier de virus infectieux. Une réponse sérologique a été mise en évidence chez deux chiens sur les quatre infectés. Des chiens en contact avec les animaux inoculés n’ont pas été infectés. Ces études ont été approuvées par le Comité d’éthique de l’institut de recherche.  https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.03.30.015347v1.full.pdf

La firme Idexx a procédé à une étude internationale portant sur plus de 4000 prélèvements de chevaux, de chats et de chiens aux USA et en Corée du Sud, entre le 14/2/2020 et le 13/3/2020. Aucun résultat viropositif pour le Covid 19 humain n’a été mis en évidence.

En résumé, à Hong Kong deux chiens parmi les 17 chiens et 8 chats actuellement analysés et, en Belgique, un chat sont les seuls animaux en contact étroit avec une personne infectée qui se sont révélés contaminés. Il s’agit donc, à l’heure actuelle d’un événement rare. De plus, l’enquête menée par Idexx montre que le SARS-CoV2 n’est pas uin virus émergent chez les animaux de compagnie dans les pays investigués. Dans l’état actuel de la question, le chien ou le chat peut donc être contaminé par un propriétaire atteint par le SARS-CoV2, à un faible niveau ne permettant pas, en conditions naturelles, la transmission à d’autres animaux ou à l’homme. Ils sont considérés comme des culs-de-sac épidémiologiques. Les chiens détectés positifs restent asymptomatiques. Chez le chat, la relation causale entre l’infection et les signes cliniques observés demande plus de données pour être établie.

À ce propos, le comité scientifique institué auprès de l’Afsca a réalisé une évaluation du risque, avec les conclusions suivantes : le Comité scientifique estime le risque d’infection de l’animal par l’homme comme faible mais recommande aux services vétérinaires de maintenir une vigilance accrue et d’encourager les enquêtes épidémiologiques chez tout nouveau cas suspect. Pour le risque d’infection de l’homme par l’animal, le Comité scientifique n’est pas en mesure, avec les données actuelles, d’estimer le risque. Il considère cependant ce risque négligeable comparativement au risque pour l’homme de l’infection par transmission interhumaine.

Le Comité scientifique conclut que les animaux domestiques vivant en proximité étroite avec leur propriétaire infecté peuvent être fortement exposés soit indirectement via l’environnement et le virus qui y est déposé par les expectorations humaines, soit directement lors de contacts étroits à proximité de la face du propriétaire infecté. L’exposition dépend de l’hygiène et du niveau de contact que peuvent avoir les propriétaires infectés avec leur animal domestique. Le Comité scientifique prend en considération que les propriétaires de chiens et de chats peuvent souvent avoir des contacts étroits avec leur animal de compagnie (par exemple, léchage des mains et du visage, assiettes partagées)

référence : http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2020/_documents/Conseilurgentprovisoire04-2020_SciCom2020-07_Covid-19petitsanimauxdomestiques_27-03-20_001.pdf.

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Chez le propriétaire contaminé par le SARS-CoV2

  • Maintien des animaux de compagnie de patients humains positifs dans l’habitation ; pas de centre de quarantaine prévu en Belgique ;
  • Pour le patient contaminé, le respect des règles d’hygiène (nettoyage et désinfection des mains, port du masque) est valable pour éviter autant la transmission interhumaine que la transmission aux animaux de compagnie.
  • Aération des locaux et nettoyage du sol avec un détergent ménager.
  • Respect de la santé et du bien-être de l’animal
    • Désignation d’une personne proche non contaminée pour nourrir et soigner l’animal ;
    • Réserver des vêtements de surface pour le soin de ces animaux et de se changer dans l’appartement à l’entrée et avant de sortir, en évitant le contact entre les vêtements d’intérieur et d’extérieur ;
    • Garder collier et laisse à l’entrée, sans contact avec le patient positif ;
    • Maintien de la promenade du chien en le gardant à distance des autres animaux et en ramassant ses matières fécales ;
    • Nettoyer les coussinets plantaires avant et après la promenade ;
  • Les mêmes mesures sont à appliquer si le propriétaire est hospitalisé.

Pour l’ensemble des propriétaires en bonne santé

À titre de précaution supplémentaire, même si la transmission de l’animal à l’homme ou à un autre animal n’est pas démontrée :

  • Éviter les contacts étroits avec son animal domestique surtout au niveau de la face ;
  • Se laver les mains au savon après contact avec l’animal domestique et surtout après un entretien de litière ou de l’écuelle ;
  • Maintenir une distance avec les autres chiens au cours de la promenade ;
  • Tenir le chien éloigné des matières fécales ;
  • Ramasser les matières fécales du chien ;
  • Nettoyage des coussinets plantaires au savon doux après la promenade.

L'intégralité de l'article publié par le Professeur E Thiry de l'ULiège (Virologue vétérinaire) et un article scientifique publié dans la revue Science sont disponibles en annexe